Le Community Management, un métier plus complexe à la télévision.
Posted in Accueil on 08/30/2009 12:25 by myl
Dans le cadre de mes fonctions, en charge de la communication virale de France 2, le métier de Community Manager est devenu désormais incontournable dans le web collaboratif. Il gère dans un premier temps la communication en interne, via les réseaux, les blogs, les forums, les sites, et parallèlement la communication externe en suivant les fils de discussion, les échanges d’informations sur d’autres sites.
Son rôle, c’est de gérer la marque, de communiquer auprès des communautés, de démultiplier son audience à travers différentes plateformes Web (Facebook, Twitter, les blogs, forums, Myspace, Slideshare, flickr, Youtube…)
Je propose de reprendre le croquis publié par Buzzcanuck, (buzzcanuck.typepad.com/agentwildfire/images/2… ) qui définit bien les principes de l’organisation d’un Community Manager : La Réflection, l’Evaluation, l’Action, le Challenge, l’Audit et la Création de réseaux, l’Ecoute, et la Célébration !
Je souhaiterai tout particulièrement m’ arrêter sur l’Audit des communautés, ce que Sean Moffitt nomme « Relationship building ». En effet, lorsque nous devons manager une seule et même communauté, la tâche est un peu moins fastidueuse. Par exemple, lancer une communication virale pour Nintendo, demande à se constituer et à gérer une seule et même communauté, celle de « gamer ». En revanche, lorsque nous devons manager une communauté, qui représente celle des téléspectateurs potentiels, en tous les cas des internautes intéressés ou potentiellement interéssés par l’actualité des medias et de la télévision, avec la « famille » qui l’entoure, là, le métier de Community Manager devient plus complexe. Tout simplement parce que nous devons gérer de multiples communautés et thèmes relatifs au monde de la télévision.
Les exemples sont vastes et nombreux. Gérer une communauté dans le cadre du lancement d’une fiction par exemple, concerne les communautés 1/ qui suivent l’actualité télé 2/adeptes de séries 3/ fans de l’un des comédiens 4/féminines en fonction du thème 4/people en fonction des acteurs… Les angles sont très nombreux, ainsi donc les communautés concernées. Pour continuer, la grille propose également des jeux, qui gagnent par ailleurs de plus en plus d’audience. On s’adresse alors à des communautés encore différentes, en respectant les différentes tranches d’âge. Puis il y a les émissions politiques et de débats qui génèrent des réactions généralement très actives sur les blogs et notamment micro-blogging, dont Twitter bien entendu. Pour ces émissions, il faut donc s’adresser à des communautés 1/ qui s’intéressent à la politique nationale, européenne, voire internationale et en fonction des sujets 2/ à l’économie 3/ à la finance 4/ à la société 5/ aux thèmes sociaux 6/ à l’environnement… Enfin autant de thèmes qui peuvent etre traités et qui ont chacun leur propre communauté. La constitution d’une communauté demande minimum 3 semaines, sans compter l’actualisation quotidienne. Imaginez donc la constitution et gestion de communantés qui concernant une centaine de thèmes et de sujets… Pour cela, Trendybuzz peut être un outil assez pratique, vu qu’il référencie une grande partie des sources qui parlent ou citent votre marque. A vous en revanche de chercher ensuite les coordonnées du Webmaster, du blogueur ou du journaliste… Bon courage, ce n’est pas une tâche simple.
Le métier de Community Manager n’est pas encore très populaire en France, mais est cependant en plein essor. Aux Etats-Unis, ce métier déjà très en vogue, différencie le Community Spécialiste, le Community Leader et le Community Director.
J’ajouterai une note personnelle. Le métier de Community manager, contrairement à celui de l’attachée de presse, n’est pas de vendre ou de proposer un produit, une marque, une itw, ou autre… non, il doit étudier et prendre en considération l’intérêt de sa communauté et l’intérêt de son entreprise, et gérer au mieux leur fusion. Exercice au final bien plus intéressant.
Et pour finir, il ne s’agit pas « d’un monde virtuel » comme me l’ont déjà fait entendre certaines de mes collègues : « Nous, on est dans le monde réel Myriam, on rit, on pleure, on parle, on s’exprime… » Soit, c’est une autre vision que je respecte bien entendu aussi. Mais le Community Manager se doit de créer aussi des actions « offline », des journées « Fanday », des rencontres réelles avec ses communautés, tout comme nous l’avons fait par exemple, avec des internautes lors d’une visite privée sur le Fort Boyard en présence de toute l’équipe, ou encore un apéro très sympathique avec des blogueurs, une rencontre à venir avec les communautés fans (ados) et les comédiens de « Foudre »,… La communication virale est on ne peut plus réelle, ne faisant qu’utiliser des moyens virtuelles pour se faire.
Pour conclure, et en me servant des mes années d’expériences en matière de communication plus « traditionnelle », tant dans le service public que dans le secteur privé, je n’ai toujours eu qu’une seule devise, celle de développer, quelque soit le contexte, une communication de proximité et interactive avec mes communautés. Il en est de même pour la communication virale qui est avant tout un échange d’informations entre communautés. Alors bienvenue dans la Communication Web2.0 !
ML’